Logo Repousse les limites - cabinet de structuration et transmission d'entreprise - bretagne sud

Préparer la vente de son entreprise dans le Morbihan : ce qu'un repreneur vérifiera

Image générée par IA

Mis à jour le 1er octobre 2026 · par Miguel Termet, Repousse les Limites, Hennebont (Morbihan)

En bref. Pour vendre son entreprise dans de bonnes conditions, il faut d’abord qu’elle puisse tourner sans vous, puis que son dossier se lise sans vous, et seulement ensuite qu’on parle de prix. Selon Bpifrance Le Lab (novembre 2025), 40 % des dirigeants ont l’intention de transmettre leur entreprise dans les cinq prochaines années, mais au rythme actuel seules 130 000 entreprises seraient effectivement transmises sur cette période, pour un potentiel de 370 000. La même étude note que 70 % des dirigeants qui prévoient de transmettre dans plus d’un an n’ont pas entamé la préparation ou n’en sont qu’au stade de la réflexion. Dans le Morbihan, la CCI, la Chambre de métiers et l’association CRA accompagnent les cédants ; cette page vous dit ce qu’il faut préparer avant d’aller les voir, et dans quel ordre.

Table des matières

Cette page parle de ce qu’on fait avant de mettre en vente. Ce qui se passe une fois le repreneur trouvé, de la lettre d’intention à la signature, est expliqué dans la suite, une fois le repreneur trouvé.

Pourquoi on prépare la vente de son entreprise trois à cinq ans avant

La Direction générale des entreprises a compté 37 200 cessions-transmissions d’entreprises en France en 2024, dans son Théma n° 30 de juin 2025 (entreprises.gouv.fr). Le prix médian était de 125 000 €, et en 2023, 86 % des entreprises cédées avaient moins de 10 salariés. Et la Bretagne fait partie, en 2019 comme en 2024, des régions où le taux de cession est le plus élevé.

En face, l’offre grossit. L’étude de Bpifrance Le Lab, menée avec CCI France, CMA France et le CRA auprès de près de 5 000 dirigeants (lelab.bpifrance.fr), compte en 2024 seulement 26 000 entreprises d’au moins un salarié transmises, contre un potentiel de 74 000. À ce rythme, l’étude estime que 130 000 entreprises seulement seraient transmises dans les cinq prochaines années, sur les 370 000 que leurs dirigeants voudraient transmettre. En Bretagne, la CCI régionale estime que plus d’un tiers des entreprises (33,7 %), soit plus de 34 000 entreprises hors micro-entreprises, sont concernées par la transmission.

Concrètement, il y aura beaucoup d’entreprises à vendre et pas assez de repreneurs pour toutes. Un repreneur aura donc le choix, et il prendra celle qui lui fait le moins peur. Ce n’est pourtant pas forcément la plus rentable.

Rentable ne veut pas dire vendable. Une entreprise peut dégager un bon résultat chaque année avec vous, et devenir difficile à reprendre le jour où vous n’êtes plus là pour décrocher le téléphone. La bonne nouvelle, c’est que cela se prépare. La moins bonne, c’est que cela prend du temps : le président du CRA cité par Bpifrance Le Lab parle d’une période de 12 à 18 mois minimum pour un processus de transmission fluide, et l’étude rappelle que la préparation exige souvent plusieurs années. D’où les trois à cinq ans : ce n’est pas la vente qui est longue, c’est la remise en ordre qui la précède.

Vendre son entreprise : d'abord, qu'elle tourne sans vous

Le test des quinze jours

Avant tout le reste, posez-vous une question : si vous partiez quinze jours sans téléphone, les devis sortiraient-ils, et qui déciderait à votre place ? Nous détaillons ce test, et ce qu’il révèle, dans le test des quinze jours.

La fiche officielle de Service Public sur la préparation de la transmission (F35966, vérifiée le 25 septembre 2026) range d’ailleurs parmi les points faibles à corriger « une forte dépendance au dirigeant », « des compétences clés détenues par une seule personne » et des procédures insuffisamment écrites.

Ce qui doit être écrit avant qu'un repreneur ne le demande

Prenons un exemple, inventé mais courant dans le Morbihan. Gérard a 61 ans. Il dirige depuis vingt-cinq ans un atelier de menuiserie de onze salariés près d’Auray : agencement de magasins, cuisines, un peu de bateau l’hiver. L’entreprise gagne bien sa vie. Mais quand un client appelle pour un devis, c’est Gérard qui se déplace, qui mesure et qui chiffre, le soir, sur un tableur que lui seul sait lire. Quand une commande de chêne arrive en retard, c’est lui qui appelle le fournisseur, parce que c’est lui qui le connaît depuis 1998.

Ainsi, un repreneur qui visite cet atelier verra que trois choses ne sont écrites nulle part :

  1. Comment on fait un devis. Qui se déplace, ce qu’on mesure, quels prix on applique, quelle marge on prend sur un agencement et sur une cuisine. Si la réponse est « Gérard le sait », le repreneur achète une entreprise qui ne sait plus chiffrer le jour de son départ.
  2. Comment on fait le geste qui compte. Le réglage de la plaqueuse de chants, l’astuce qui évite une reprise de vernis. Celui qui le sait peut-il le montrer, avec une fiche d’une page, à quelqu’un qui ne l’a jamais fait ?
  3. Qui appeler, pour quoi. Les dix fournisseurs et les dix clients qui comptent, avec le nom de l’interlocuteur, ce qui a été négocié et ce qui reste oral.

Pour Gérard, le premier geste tient donc en une soirée : prendre le dernier devis envoyé et écrire, étape par étape, comment il l’a fait. Ensuite, la deuxième soirée, il le fait relire par son chef d’atelier. Si le chef d’atelier peut refaire le devis seul, la procédure existe.

Mettre de l'ordre dans le dossier avant la mise en vente

Les contrats, les accès, le nom de domaine et la fiche Google au nom de la société

Vérifiez que le nom de domaine du site, la fiche Google, la page Facebook, les comptes chez vos fournisseurs et vos logiciels sont enregistrés au nom de la société, et non à votre nom personnel ou à celui d’un ancien salarié. Nous expliquons comment le vérifier en une heure dans la fiche Google et le nom de domaine.

De même pour les gros clients. Un client fidèle depuis quinze ans, sans contrat écrit, rassure le vendeur et inquiète l’acheteur, qui se demande s’il restera quand la personne qu’il appelle par son prénom sera partie.

Les documents qu'on doit pouvoir sortir en deux minutes

Pendant son audit, le repreneur demandera des dizaines de documents. Rassemblez-les à l’avance dans un dossier partagé, rangé par thèmes, qu’on appelle une salle de données. Voici ce qu’elle contient au minimum, et la question qui teste chaque ligne :

DocumentLa question qui le teste
Les trois derniers bilans et comptes de résultatVotre expert-comptable peut-il les envoyer dans la journée ?
Les contrats clients et fournisseursLes dix plus importants sont-ils signés, datés, à jour ?
Le bail et les titres de propriétéSavez-vous où est l’original, et quand le bail se termine ?
Les contrats de travail et l’organigrammeUn inconnu comprend-il qui fait quoi en le lisant ?
Les procédures du cœur de métierUne personne arrivée hier peut-elle suivre la fiche seule ?
Les accès : site, nom de domaine, logiciels, banqueSont-ils au nom de la société, et quelqu’un d’autre que vous les connaît-il ?
Les litiges en coursSont-ils listés, et provisionnés avec votre expert-comptable ?

Le dossier qu’on met trois semaines à rassembler, le repreneur le lit comme un aveu : personne ne sait vraiment où sont les choses. La sortie est simple et ne coûte rien. Ouvrez un dossier partagé cette semaine, créez les sept rubriques du tableau, et rangez-y un document par jour.

Connaître la valeur de son entreprise avant d'afficher un prix

On ne fixe pas soi-même le prix de son entreprise : on le constate. Trois éléments le décident : l’EBE retraité, c’est-à-dire ce que l’entreprise dégage une fois corrigée de ce que vous y mettez sans le facturer ; le multiple de votre secteur ; et ce que la banque du repreneur acceptera de prêter. Nous détaillons les trois dans combien vaut votre entreprise, et le calcul pas à pas de l’EBE retraité dans un article à part.

Faites donc ce calcul tôt, avec votre expert-comptable. Un prix calculé trois ans avant laisse le temps de le faire monter ; un prix découvert pendant la négociation ne laisse que le temps de le subir.

Le départ en retraite : ce qui se décide tôt

La retraite reste la première raison de vendre : selon Bpifrance Le Lab, près des deux tiers des intentions de transmission sont déclenchées en prévision d’un départ en retraite, et la DGE observe un pic des cessions chez les dirigeants de 61 ans.

Deux choses se décident tôt. La date à laquelle vous ferez valoir vos droits à la retraite, d’abord, parce que certains avantages fiscaux en dépendent. La forme de la vente, ensuite : céder le fonds de commerce ou les titres de la société ne prépare pas la même chose.

Côté impôt, la plus-value réalisée en vendant les titres de sa société est soumise par défaut au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (Service Public, F21618). Le dirigeant d’une PME qui part à la retraite peut bénéficier d’un abattement fixe de 500 000 € sur cette plus-value, prolongé jusqu’au 31 décembre 2031, à condition notamment de cesser toute fonction dans la société et de faire valoir ses droits à la retraite dans les deux années qui précèdent ou suivent la cession (Service Public, 11 mars 2025). Les autres conditions sont dans ce que la loi de finances 2026 change pour une cession, et votre expert-comptable ou votre notaire les vérifiera sur votre cas.

Prévenir les salariés : ce que la loi impose depuis juillet 2026

Depuis la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, pour les ventes conclues après le 27 juillet 2026, une entreprise de moins de 50 salariés qui vend son fonds de commerce ou la majorité de son capital doit informer ses salariés au moins un mois avant la vente, pour qu’ils puissent faire une offre (Service Public, 23 juillet 2026). Entre 50 et 250 salariés, une entreprise dotée d’un CSE informe et consulte le CSE. Le détail est dans la suite, une fois le repreneur trouvé ; retenez que vos salariés apprendront la vente avant sa signature, et qu’il vaut mieux qu’ils l’apprennent de vous.

Vendre son entreprise dans le Morbihan : qui fait quoi

En effet, vous ne préparez pas une vente seul. Voici les interlocuteurs du département, et ce que chacun fait.

La CCI du Morbihan, 21 quai des Indes à Lorient (02 97 02 40 00), avec des délégations à Vannes, Auray, Pontivy et Ploërmel. Pour une activité commerciale, c’est la CCI qui accompagne le cédant. Les CCI de Bretagne proposent un prédiagnostic transmission avec un conseiller, qui analyse les points forts, les points à améliorer et les points bloquants, puis remet un compte rendu de visite. Elles accompagnent aussi la vente elle-même, sans commission sur vente, et diffusent les annonces sur le site national Transentreprise. Service Public signale aussi un pré-diagnostic en ligne de la CCI, qui se fait en moins d’une heure.

La Chambre de métiers et de l’artisanat du Morbihan, 10 boulevard des Îles à Vannes, pour les entreprises artisanales. Le réseau des CMA propose une offre nationale de transmission, qui commence par un diagnostic de l’entreprise (artisanat.fr).

Le CRA, l’association des Cédants et Repreneurs d’Affaires, qui a une délégation à Lorient, hébergée par la CCI du Morbihan. Ses délégations sont animées par des bénévoles, anciens dirigeants et chefs d’entreprise. Son questionnaire en ligne « Quel cédant êtes-vous ? », cité par Service Public, est une bonne première heure de réflexion.

La Bourse de la Transmission de Bpifrance, qui rassemble plus de 45 000 annonces d’entreprises à reprendre ou à céder (bpifrance.fr).

Votre expert-comptable pour la valeur et les comptes, votre notaire ou un avocat pour la forme juridique de la vente et sa fiscalité. Ce sont eux, enfin, qui sécurisent l’acte.

Et nous ? Repousse les Limites, à Hennebont, intervient plus tôt. Nous ne cherchons pas de repreneur, nous ne conduisons pas la cession et nous n’estimons pas votre entreprise. Nous modernisons, structurons et transmettons : écrire avec vos équipes ce qui ne vit que dans des têtes, ranger les accès et les outils, pour que l’entreprise tienne debout sans vous. Voici comment on travaille, sur le terrain.

Les étapes pour vendre son entreprise, dans l'ordre

Voici le calendrier, à adapter à votre date de départ. Il part de l’idée que vous voulez signer dans trois ans.

QuandCe que vous faitesAvec qui
36 mois avantLe test des quinze jours, et la liste de ce qui ne marche qu’avec vous. Un premier rendez-vous à la CCI, à la CMA ou au CRAseul, puis la chambre de votre secteur
24 mois avantÉcrire les procédures du cœur de métier, mettre les accès et les contrats au nom de la société, déléguer une décision par moisvos équipes
12 mois avantCalculer l’EBE retraité et la valeur, ouvrir la salle de données, choisir la forme de la ventevotre expert-comptable
6 mois avantLe dossier de présentation, la diffusion de l’annonce, les premiers contacts avec des repreneursla CCI, la CMA, le CRA ou un intermédiaire, puis notaire ou avocat

Si vous avez moins de trois ans devant vous, ne sautez pas de ligne : faites-les plus vite. Pour savoir par où commencer chez vous, vous pouvez aussi faire le diagnostic de son entreprise en quatorze points.

Ce dont on parlerait en 45 minutes

Si vous préférez ne pas faire ce tour seul, c’est le sujet d’un premier échange : ce qui, chez vous, ne tourne qu’avec vous, ce qui n’est écrit nulle part, et par quoi commencer. Vous repartez avec une liste dans l’ordre, et le nom de l’interlocuteur du Morbihan à appeler ensuite.

Parler de votre organisation : 45 minutes au téléphone, gratuit, sans engagement. Le premier échange peut aussi se faire en face à face dans une cinquantaine de kilomètres autour de Lorient : Hennebont, Lanester, Quéven, Ploemeur, Guidel, Caudan, Plouay, Quimperlé ou Auray.

Vos questions pour vendre son entreprise dans le Morbihan

Comptez trois à cinq ans. Le processus de transmission lui-même demande au moins 12 à 18 mois, selon le président du CRA cité par Bpifrance Le Lab ; le reste sert à rendre l’entreprise lisible sans vous, et ce travail-là ne se rattrape pas en six mois.

Oui, dans une entreprise de moins de 50 salariés qui vend son fonds de commerce ou la majorité de son capital : au moins un mois avant la vente, pour les ventes conclues après le 27 juillet 2026. En cas de manquement, l’amende est désormais de 0,5 % du montant de la vente. Entre 50 et 250 salariés, une entreprise dotée d’un CSE informe et consulte le CSE.

Sur la vente des titres de votre société, la plus-value est soumise par défaut au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026. Un dirigeant de PME qui part à la retraite peut, sous conditions, bénéficier d’un abattement fixe de 500 000 € sur cette plus-value jusqu’au 31 décembre 2031. Vendre un fonds de commerce relève d’autres règles : faites le calcul avec votre expert-comptable ou votre notaire.

À la CCI du Morbihan, 21 quai des Indes à Lorient, pour une activité commerciale ; à la Chambre de métiers et de l’artisanat, 10 boulevard des Îles à Vannes, pour une entreprise artisanale ; au CRA, qui a une délégation à Lorient. Votre expert-comptable et votre notaire ou avocat complètent l’équipe.

Prenez votre dernier devis ou votre dernière commande et écrivez, étape par étape, comment vous l’avez traité. Faites-le ensuite relire par la personne qui devrait pouvoir le refaire sans vous. Si elle y arrive, vous avez votre première procédure. Si elle bute, vous savez exactement par où commencer.

RENCONTRONS-NOUS

Un premier échange pour voir clair dans votre entreprise.

Information importante

Les contenus publiés sur ce site sont rédigés à titre informatif et pédagogique uniquement. Ils ne constituent pas un conseil juridique, fiscal, comptable ou financier. Toute décision relative à la cession, à la valorisation ou à la restructuration de votre entreprise doit être prise avec l'accompagnement d'un professionnel qualifié (expert-comptable, avocat, notaire). Mentions légales.

Repousse les Limites, retour à l’accueil

Cinq savoir-faire, un cas client, ce que ça coûte.

Le calculateur : vos tâches en heures et en euros.

Dix ans de terrain avant de m’installer.

Les huit étapes, et la preuve à chacune.

Lorient · Vannes · Quimper · Pontivy