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Accompagnement commercial d'une TPE : sortir la vente de la tête du dirigeant

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Mis à jour le 2 octobre 2026 · par Miguel Termet, Repousse les Limites, Hennebont (Morbihan)

En bref. Dans une TPE, un accompagnement commercial utile ne consiste pas à apprendre à un vendeur à mieux convaincre, ni à prospecter à la place du dirigeant. Il consiste à sortir la vente de sa tête : écrire qui sont les clients, d’où ils viennent, ce qu’on leur a promis et où en est chaque devis, puis décider qui tient ces informations à jour. Le test est simple : un nouveau vendeur, ou un repreneur, doit pouvoir reprendre les affaires en cours le lendemain sans appeler personne. Bpifrance Création rappelle d’ailleurs que la concentration de la clientèle est « un critère majeur d’évaluation d’une affaire par les banques ». Le premier geste tient sur une page : un plan d’action commercial, avec un nom et une date en face de chaque ligne.

Table des matières

Dans beaucoup de petites entreprises, le commercial n’est pas un service. C’est une personne, souvent le dirigeant, parfois un commercial fidèle depuis quinze ans. Elle connaît chaque client par son prénom, sait qui paie en retard et se souvient du prix consenti l’an dernier à une entreprise de Caudan. Tout cela fonctionne très bien, tant qu’elle est là.

Votre fichier client est le seul fichier de l’entreprise qui ne se sauvegarde pas : il est dans votre tête. La bonne nouvelle, c’est qu’il s’écrit. Voici ce qu’il faut écrire, qui doit le tenir, et comment le vérifier.

Accompagnement commercial, coaching commercial, conseil commercial : trois métiers différents

Derrière les mots « accompagnement commercial », on trouve trois métiers différents. Mieux vaut savoir lequel on cherche avant d’appeler.

Le coaching commercial travaille sur le vendeur. Le mot anglais désigne ici l’entraînement individuel : un formateur aide une personne à présenter son offre, à répondre aux objections, à conclure. C’est utile quand l’entreprise a déjà une organisation commerciale et qu’un vendeur doit y progresser.

L’agence de développement commercial travaille à votre place. Elle prospecte, prend des rendez-vous, parfois vend en votre nom. Cela peut avoir du sens, à condition de savoir ce qui doit rester chez vous le jour où elle s’arrête : nous l’avons détaillé pour choisir à qui confier son développement.

Le conseil commercial, tel que nous le pratiquons, travaille sur l’organisation. Il ne change pas la façon dont on parle aux clients. Il fait en sorte que ce qu’on sait d’eux appartienne à l’entreprise et pas à une personne. Nous ne prospectons pas à votre place : nous structurons ce qui permet à quelqu’un d’autre de reprendre la vente demain matin, puis nous formons ceux qui la reprennent.

Ce point de vue vient du terrain. Avant de s’installer à Hennebont, Miguel Termet a passé dix ans chez Metro Cash & Carry puis au Groupe Ouest-France, à relancer des secteurs en difficulté, à former des équipes à la vente et à structurer des opérations commerciales. Il en a tiré une phrase : « Une entreprise peut être rentable et ne rien valoir sans son dirigeant. »

L'organisation commerciale en quatre questions

Dans une entreprise de huit ou quinze personnes, une organisation commerciale n’a pas besoin d’un organigramme. Elle a besoin de réponses écrites à quatre questions.

Pour les rendre concrètes, voici un exemple construit pour montrer la méthode : l’entreprise n’existe pas, mais sa situation se rencontre dans le Morbihan. Une entreprise de chauffage et de plomberie de douze personnes, installée à Lanester, travaille pour des particuliers et pour des syndics entre Lorient, Hennebont et Ploemeur. La dirigeante fait les devis importants et garde les contacts des syndics dans son téléphone. Son assistante prend les appels et envoie les devis courants.

Première question : qui sont vos clients ? Pas « des particuliers et des syndics », mais une liste, avec pour chacun le nom, la personne qui décide, son numéro, ce qu’il a acheté et quand. À Lanester, la liste existe en partie dans le logiciel de facturation. Ce qui manque, c’est la personne qui décide chez chaque syndic, et cette information n’est que dans le téléphone de la dirigeante.

Deuxième question : d’où viennent-ils ? Une colonne dit comment chaque client est arrivé : recommandé par tel client, trouvé sur la fiche Google, envoyé par un architecte. Sans elle, personne ne sait ce qui fait rentrer les affaires. En la remplissant, l’assistante découvre que deux syndics ont été apportés par le même gestionnaire d’immeubles, que la dirigeante connaît depuis vingt ans.

Troisième question : que leur a-t-on promis ? Les remises, les délais d’intervention, le geste fait il y a trois ans et que le client considère comme acquis. Ce sont les promesses dites au téléphone qui disparaissent en premier quand quelqu’un s’en va. Ici, la dirigeante a promis à un syndic une intervention sous quarante-huit heures pour toute fuite, et ce n’est écrit nulle part.

Quatrième question : où en est chaque devis ? Pour chaque devis envoyé : la date d’envoi, la dernière relance, la prochaine action et qui la fera. C’est la question qui rapporte le plus vite, parce qu’un devis oublié est une vente presque faite qu’on laisse partir. Nous expliquons ailleurs comment suivre chaque devis jusqu’à la signature.

Quand ces quatre réponses sont écrites, la dépendance commerciale envers une seule personne a déjà baissé, sans rien changer à la façon de vendre.

Qui tient le fichier, et où il vit

Un fichier client rempli en janvier et jamais rouvert est faux en mars. Il faut donc décider trois choses.

Où il vit. Le fichier appartient à l’entreprise. Il ne vit ni dans le téléphone personnel du dirigeant, ni dans la boîte mail d’un commercial, ni sur l’ordinateur portable que ce commercial rendra en partant. Au début, un tableur partagé, enregistré au nom de l’entreprise, suffit. Sur la page de notre logiciel de suivi des clients pour le bureau et le terrain, nous l’écrivons sans détour : « Tant que tout le monde est là, un tableur suffit. » Un outil devient utile le jour où les équipes doivent noter depuis un chantier, parce que « ce qui n’est pas noté dans les deux minutes n’est jamais noté ».

Qui le tient. Une personne vérifie qu’il est à jour, et ce n’est pas forcément celle qui vend. À Lanester, c’est l’assistante. La dirigeante, elle, lui dicte chaque soir ce qu’elle a promis dans la journée.

Quand on le lit. Un rendez-vous court et fixe, chaque semaine, où l’on parcourt les devis en cours à voix haute, suffit à le garder vivant.

Miguel Termet distingue trois choses qu’il ne faut jamais confondre : ce que vous pensez que vos équipes peuvent faire, ce qu’elles peuvent faire vraiment, et ce qu’elles accepteront de faire. C’est la troisième qui commande. Un fichier que l’équipe trouve trop lourd sera abandonné, quelle que soit la qualité de l’outil : mieux vaut cinq colonnes remplies que trente colonnes vides.

Le test du lendemain : un nouveau vendeur, ou un repreneur

Ce test se fait seul, en une demi-heure. Imaginez qu’une personne arrive lundi matin pour reprendre la vente, parce que votre commercial est parti ou que vous vous absentez quinze jours. Posez-vous trois questions.

  1. Peut-elle appeler les clients qui attendent une réponse cette semaine, avec leur numéro et ce qu’on leur a dit la dernière fois ?
  2. Sait-elle quels devis relancer, et à quelle date ils sont partis ?
  3. Connaît-elle les promesses faites aux plus gros clients ?

Si l’une des réponses est « il faudra qu’elle m’appelle », la vente dépend encore de vous. Ce test est le cousin d’un autre, plus large, pour savoir si l’on possède une entreprise ou un emploi très prenant.

Rentable ne veut pas dire vendable

Un repreneur fera un jour ce test à votre place, avec moins de bienveillance. Il regarde le chiffre d’affaires, mais surtout d’où il vient et s’il restera après le départ du cédant. Bpifrance Création, dans sa fiche « Diagnostiquer l’entreprise à reprendre » (publiée en mai 2020, consultée le 2 octobre 2026), demande d’étudier la répartition du chiffre d’affaires par client, parce qu’il est « fondamental de mesurer le degré de concentration de la clientèle, sa fidélité et le rythme de son renouvellement ». Sa fiche sur le diagnostic de l’activité ajoute que le repreneur « doit donc comprendre le mode de fonctionnement des équipes commerciales ».

Trois choses inquiètent donc un repreneur ou sa banque :

  • la concentration : quelques clients font l’essentiel du chiffre, et le départ d’un seul change tout ;
  • la relation portée par le dirigeant : les clients achètent parce qu’ils connaissent le patron, et rien ne dit qu’ils resteront avec le suivant ;
  • l’absence de fichier : personne ne peut montrer d’où viennent les clients ni où en sont les affaires.

Ces trois points se travaillent bien avant de vendre. Nous expliquons comment ils pèsent sur le prix dans notre article sur ce que vaut vraiment votre entreprise. Pour la cession elle-même, vos interlocuteurs sont votre expert-comptable, votre notaire et la CCI du Morbihan : nous ne conduisons pas de cession, nous préparons ce qu’il y aura à transmettre.

Plan d'action commercial : un exemple rempli, sous vos yeux

Un plan d’action commercial est la liste écrite de ce qu’on va faire pour vendre sur une période, avec pour chaque action la personne qui la fait, la date, et la façon dont on saura qu’elle est faite. Dans une TPE qui dépend de son dirigeant, le premier plan a un objet précis : faire passer la vente de sa tête à l’entreprise.

Voici, en exemple, le plan que pourrait écrire notre entreprise de Lanester pour le trimestre d’octobre à décembre 2026. Vous pouvez le recopier et l’adapter.

  1. Recopier les clients des deux dernières années dans un tableur au nom de l’entreprise. Qui : l’assistante, depuis le logiciel de facturation. Quand : avant le 31 octobre. La preuve : chaque client a une ligne, avec le nom de la personne qui décide.
  2. Ajouter les contacts des syndics qui ne sont que dans le téléphone de la dirigeante. Qui : la dirigeante, qui les dicte. Quand : un quart d’heure chaque lundi de novembre. La preuve : plus aucune ligne de syndic sans nom ni numéro.
  3. Remplir la colonne « d’où vient-il » pour chaque nouveau contact. Qui : la personne qui décroche. Quand : à chaque appel, dès le 2 novembre. La preuve : en décembre, aucune case vide.
  4. Écrire les promesses faites aux plus gros clients. Qui : la dirigeante. Quand : avant le 30 novembre. La preuve : une page rangée avec le tableur, où figure l’intervention sous quarante-huit heures promise au syndic.
  5. Relancer chaque devis resté sans réponse au bout de dix jours. Qui : l’assistante, avec un texte de relance écrit une fois pour toutes. Quand : chaque mardi matin. La preuve : chaque devis de plus de dix jours porte une date de relance.
  6. Tenir un point commercial de vingt minutes. Qui : la dirigeante, l’assistante et le chef d’équipe. Quand : chaque vendredi à 11 heures. La preuve : chaque devis en cours repart avec une prochaine action et un nom.
  7. Calculer la part des cinq plus gros clients dans le chiffre d’affaires. Qui : la dirigeante, avec son expert-comptable. Quand : en décembre. La preuve : le chiffre est écrit en tête du tableur, et on le recalculera chaque année.

Ce plan ne contient aucune campagne de prospection, aucun nouvel outil, aucun objectif de chiffre. Il range d’abord ce qui existe. Le développement commercial viendra ensuite, sur une base qui ne disparaîtra pas avec une personne.

Un plan d’action commercial que personne ne relit le vendredi n’est pas un plan, c’est une bonne résolution. La sortie est simple : la sixième ligne fait vivre toutes les autres. Si vous ne devez en garder qu’une, gardez celle-là.

Démarchage téléphonique : ce qui a changé le 11 août 2026

Si votre entreprise appelle des prospects, une règle a changé cet été. On la résume souvent en « loi du 11 août 2026 », mais le texte est la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques, publiée au Journal officiel du 1er juillet 2025. Son article 13 a réécrit l’article L. 223-1 du code de la consommation, et cette nouvelle rédaction est entrée en vigueur le 11 août 2026.

Depuis cette date, il est interdit de démarcher par téléphone un consommateur qui n’a pas exprimé préalablement son consentement à recevoir ce type d’appel. L’exception principale est le contrat en cours : on peut appeler un client à propos du contrat qu’il a signé, si l’appel a un rapport avec l’objet de ce contrat. C’est au professionnel de prouver que le consentement a été recueilli (Légifrance, consulté le 2 octobre 2026).

Le mot qui compte est « consommateur » : le code de la consommation le définit comme une personne physique qui agit en dehors de son activité professionnelle. Entre professionnels, la règle reste différente. La CNIL, dans sa fiche datée du 10 juin 2026, indique que la prospection téléphonique de professionnels peut reposer sur l’intérêt légitime de l’entreprise qui appelle, lorsque l’objet de l’appel est en rapport avec la profession de la personne appelée. Celle-ci doit avoir été informée et pouvoir s’y opposer simplement et gratuitement.

Pour une TPE, cela fait deux colonnes de plus dans le fichier : « particulier ou professionnel », et « consentement ou opposition, avec sa date ». Notre entreprise de Lanester, qui travaille pour des particuliers et pour des syndics, en a besoin. Pour la manière de prospecter elle-même, voyez notre article sur la prospection commerciale d’une TPE.

Comment nous accompagnons le commercial d'une TPE

Notre accompagnement commercial suit la méthode que Miguel résume ainsi : « Auditer, observer, planifier, optimiser, documenter, et ensuite on met tout en place. »

D’abord, nous regardons ce que vous avez déjà : la facturation, les devis, la boîte mail, le carnet. L’information existe souvent, mais elle est dispersée. Ensuite, nous observons la personne qui fait le travail, pas seulement le dirigeant : c’est souvent l’assistante ou le chef d’équipe qui sait où se perdent les devis. Puis nous écrivons avec elle les quatre réponses, le plan d’action et le rendez-vous du vendredi, et nous les testons sur vos vraies affaires en cours. Si un outil est nécessaire, il est à votre nom et les données restent les vôtres.

Enfin, nous partons. Si plus personne en interne ne sait tenir le fichier le jour de notre départ, la mission est ratée. Les huit étapes, et la preuve que vous obtenez à chacune, sont décrites sur la page comment on travaille.

Ce dont on parlerait en 45 minutes

On reprend les quatre questions, une par une. On regarde où vivent vos clients aujourd’hui, ce qui partirait si votre commercial ou vous-même disparaissiez quinze jours, et quel devis attend une relance depuis trop longtemps. Vous repartez avec un avis franc sur votre organisation commerciale, la première chose à traiter et pourquoi celle-là, et ce que cela représente en temps. Si nous ne pouvons pas vous aider, nous le disons pendant l’appel.

Parler de votre organisation : 45 minutes au téléphone, gratuit, sans engagement. Le cabinet est à Hennebont, et ce premier échange peut aussi se faire en face à face dans une cinquantaine de kilomètres autour de Lorient : Lanester, Caudan, Ploemeur, Quéven, Quimperlé ou Auray. Au-delà, il se fait par téléphone.

FAQ : vos questions sur l'accompagnement commercial

Le coaching commercial entraîne une personne à mieux vendre. L’accompagnement commercial, tel que nous le pratiquons, travaille sur l’organisation : ce qui est écrit sur les clients et les devis, qui le tient, et comment un nouveau venu s’en sert. Le premier fait progresser un vendeur, le second fait que la vente ne dépend plus d’un seul vendeur.

Pas pour commencer. Un tableur partagé, au nom de l’entreprise, avec une ligne par client et le suivi de chaque devis, suffit tant que tout le monde travaille au bureau. Un logiciel devient utile quand les équipes doivent noter depuis un chantier ou une tournée, et il doit rester à votre nom, avec vos données.

C’est la liste écrite de ce qu’on va faire pour vendre sur une période, avec pour chaque action une personne, une date et une preuve. Dans une TPE, le premier plan sert à ranger ce qui existe : les clients, leur origine, les promesses, les devis, et un point chaque semaine.

Oui, avec des règles qui dépendent de la personne appelée. Depuis le 11 août 2026, l’article L. 223-1 du code de la consommation, réécrit par la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, interdit d’appeler un consommateur sans son consentement préalable, sauf pour un contrat en cours. Entre professionnels, la CNIL admet la prospection téléphonique quand l’appel a un rapport avec la profession de la personne, qui doit être informée et pouvoir s’y opposer simplement.

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